Pourquoi certaines relations causales semblent logiques, mais masquent des conditions systémiques essentielles.
La carte systémique la plus appropriée n’est pas toujours la plus détaillée
Dans le quatrième volet de cette série consacrée à la cartographie systémique, nous examinerons comment le niveau de détail d’une carte systémique détermine les dynamiques qui apparaissent. Une carte systémique trop simple passe à côté d’interactions importantes. Une carte systémique trop détaillée perd souvent en clarté et en utilité.
L’un des choix les plus difficiles en cartographie systémique est donc de déterminer le niveau de détail à inclure dans votre modèle. Si vous le simplifiez trop, vous passez à côté de dynamiques importantes. Si vous le détaillez à outrance, il devient difficile à lire et moins utile. Le bon choix ne se situe pas simplement « au milieu », mais dépend de ce que vous cherchez précisément à comprendre ou à décider.
Le niveau de détail détermine ce que vous voyez
Le niveau de détail de votre carte systémique détermine :
- Les boucles de rétroaction qui apparaissent
- Les interactions que vous voyez ou non
- Dans quelle mesure le modèle est utile pour les discussions et la prise de décision
Un modèle global est clair et adapté aux ateliers, mais peut masquer des différences importantes. Un modèle détaillé est plus précis, mais devient rapidement complexe et difficile à utiliser. La question centrale est donc de savoir quelles différences au sein du système sont suffisamment importantes pour répondre à l’objectif de votre carte systémique.
Quand un modèle simple suffit
Si vous souhaitez comprendre comment un secteur évolue, par exemple vers une logique de préservation de la valeur circulaire, une variable agrégée comme « la proportion d’appareils réparés, réutilisés ou révisés » est souvent suffisante. Une représentation aussi simple permet de :
- Conserver une vue d’ensemble claire
- Mettre en évidence les principales boucles de rétroaction
- Faciliter les discussions avec les différentes parties prenantes
Un exemple tiré du contexte des activités ReX
- Plus d’activités ReX → plus d’expérience et d’infrastructures → meilleure disponibilité des pièces → davantage de projets ReX réalisables → encore plus d’activités ReX
À ce niveau, vous saisissez l’essence même de la dynamique, sans vous perdre dans les détails.
Quand il faut affiner
Il est nécessaire d’entrer davantage dans les détails dès lors que différentes activités fonctionnent différemment ou s’influencent mutuellement. C’est généralement le cas lorsque :
- Les activités ont des retombées différentes, comme la vente de produits réparés par opposition à celle de produits reconditionnés
- Elles sont en concurrence pour les mêmes ressources, comme les pièces détachées ou les appareils
- Elles nécessitent des choix politiques différents
Exemple pour les pompes à chaleur :
- La réparation a une incidence sur la durée de vie des appareils
- Les appareils reconditionnés ont une incidence sur la demande d’appareils neufs
- Le démontage des pièces a une incidence sur la disponibilité des pièces de rechange et la faisabilité des réparations
Si vous regroupez tout cela sous le seul terme « ReX », vous passez à côté d’interactions cruciales.
Une approche pragmatique
Dans la pratique, c’est l’approche simple qui fonctionne le mieux :
- Commencez par une vue d’ensemble et identifiez les grandes lignes ainsi que les principales boucles de rétroaction
- Repérez les endroits où des précisions s'imposent et où différents mécanismes s’entrecroisent
- Affinez votre approche de manière ciblée et concentrez-vous uniquement sur ce qui fait vraiment la différence
Évitez de tout modéliser en détail d’un seul coup. Cela complexifie votre carte systémique sans apporter d’informations supplémentaires.
Là où on se trompe souvent
Une erreur fréquente consiste à déterminer le niveau de détail sur la base du langage ou de l’intuition. Ainsi, il est préférable de ne pas utiliser « ReX » comme terme générique sans vérifier au préalable si les dynamiques sous-jacentes sont bien comparables. Les différentes formes de ReX se comportent-elles de la même manière dans le système ?
Constat important
Une bonne carte systémique ne doit être ni trop simple ni trop détaillée. Elle contient juste le niveau de détail nécessaire pour mettre en évidence les dynamiques pertinentes.
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Découvrez les autres volets sur le cartographie systémique
Partie 1 : Comment gérer les relations causales conditionnelles dans un CLD ?
Partie 2 : Combiner des variables de stock et de flux dans un CLD
Partie 3 : L’équilibre systémique et pourquoi les systèmes se bloquent
Partie 4 : Quel niveau de détail pour votre carte systémique ? ⯇
Partie 5 : Combiner méthodes et outils dans une approche pragmatique (bientôt disponible)
Financé par
Cet article a été rédigé dans le cadre du projet HEATReX, un Living Lab d’Économie circulaire financé par VLAIO.
Nous remercions les partenaires du projet HEATReX.