Decision making

Quel niveau de détail pour votre carte systémique ? | Cartographie systémique – partie  4

Article
Stefan Milis

Pourquoi certaines relations causales semblent logiques, mais masquent des conditions systémiques essentielles.

La carte systémique la plus appropriée n’est pas toujours la plus détaillée  

Dans le quatrième volet de cette série consacrée à la cartographie systémique, nous examinerons comment le niveau de détail d’une carte systémique détermine les dynamiques qui apparaissent. Une carte systémique trop simple passe à côté d’interactions importantes. Une carte systémique trop détaillée perd souvent en clarté et en utilité. 

L’un des choix les plus difficiles en cartographie systémique est donc de déterminer le niveau de détail à inclure dans votre modèle. Si vous le simplifiez trop, vous passez à côté de dynamiques importantes. Si vous le détaillez à outrance, il devient difficile à lire et moins utile. Le bon choix ne se situe pas simplement « au milieu », mais dépend de ce que vous cherchez précisément à comprendre ou à décider. 

Decision making

 

Le niveau de détail détermine ce que vous voyez   

Le niveau de détail de votre carte systémique détermine : 

  • Les boucles de rétroaction qui apparaissent
  • Les interactions que vous voyez ou non
  • Dans quelle mesure le modèle est utile pour les discussions et la prise de décision   

Un modèle global est clair et adapté aux ateliers, mais peut masquer des différences importantes. Un modèle détaillé est plus précis, mais devient rapidement complexe et difficile à utiliser. La question centrale est donc de savoir quelles différences au sein du système sont suffisamment importantes pour répondre à l’objectif de votre carte systémique. 
 

Quand un modèle simple suffit  

Si vous souhaitez comprendre comment un secteur évolue, par exemple vers une logique de préservation de la valeur circulaire, une variable agrégée comme « la proportion d’appareils réparés, réutilisés ou révisés » est souvent suffisante. Une représentation aussi simple permet de :

  • Conserver une vue d’ensemble claire
  • Mettre en évidence les principales boucles de rétroaction
  • Faciliter les discussions avec les différentes parties prenantes 
Un exemple tiré du contexte des activités ReX 
  • Plus d’activités ReX → plus d’expérience et d’infrastructures → meilleure disponibilité des pièces → davantage de projets ReX réalisables → encore plus d’activités ReX 

À ce niveau, vous saisissez l’essence même de la dynamique, sans vous perdre dans les détails. 
 

Quand il faut affiner 

Il est nécessaire d’entrer davantage dans les détails dès lors que différentes activités fonctionnent différemment ou s’influencent mutuellement. C’est généralement le cas lorsque : 

  • Les activités ont des retombées différentes, comme la vente de produits réparés par opposition à celle de produits reconditionnés
  • Elles sont en concurrence pour les mêmes ressources, comme les pièces détachées ou les appareils
  • Elles nécessitent des choix politiques différents 
Exemple pour les pompes à chaleur : 
  • La réparation a une incidence sur la durée de vie des appareils
  • Les appareils reconditionnés ont une incidence sur la demande d’appareils neufs
  • Le démontage des pièces a une incidence sur la disponibilité des pièces de rechange et la faisabilité des réparations 

Si vous regroupez tout cela sous le seul terme « ReX », vous passez à côté d’interactions cruciales. 

HEATrex project image


 

Une approche pragmatique 

Dans la pratique, c’est l’approche simple qui fonctionne le mieux : 

  • Commencez par une vue d’ensemble et identifiez les grandes lignes ainsi que les principales boucles de rétroaction
  • Repérez les endroits où des précisions s'imposent et où différents mécanismes s’entrecroisent
  • Affinez votre approche de manière ciblée et concentrez-vous uniquement sur ce qui fait vraiment la différence 

Évitez de tout modéliser en détail d’un seul coup. Cela complexifie votre carte systémique sans apporter d’informations supplémentaires. 
 

Là où on se trompe souvent 

Une erreur fréquente consiste à déterminer le niveau de détail sur la base du langage ou de l’intuition. Ainsi, il est préférable de ne pas utiliser « ReX » comme terme générique sans vérifier au préalable si les dynamiques sous-jacentes sont bien comparables. Les différentes formes de ReX se comportent-elles de la même manière dans le système ? 
 

Constat important 

Une bonne carte systémique ne doit être ni trop simple ni trop détaillée. Elle contient juste le niveau de détail nécessaire pour mettre en évidence les dynamiques pertinentes.
 

Envie de vous lancer ?

Vous souhaitez accélérer la mise en œuvre d’activités ReX au sein de votre entreprise ou de votre chaîne de valeur ? Nos experts vous aident à mettre en évidence les dynamiques systémiques, à identifier les leviers d’action et à élaborer des scénarios circulaires évolutifs. Vous êtes intéressé ou vous avez des questions ? Contactez-nous. 

Discover the HEATReX Living Lab Contact us

 

Découvrez les autres volets sur le cartographie systémique

Partie 1 : Comment gérer les relations causales conditionnelles dans un CLD ? 
Partie 2 : Combiner des variables de stock et de flux dans un CLD
Partie 3 : L’équilibre systémique et pourquoi les systèmes se bloquent 
Partie 4 : Quel niveau de détail pour votre carte systémique ? ⯇
Partie 5 : Combiner méthodes et outils dans une approche pragmatique (bientôt disponible)


Financé par

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet HEATReX, un Living Lab d’Économie circulaire financé par VLAIO.

vlaio


Nous remercions les partenaires du projet HEATReX. 

SYSTEEMINZICHT LOGOS

Plus d'info à propos de notre expertise

Auteurs

Vous avez une question ?

Envoyez-la à innovation@sirris.be