Retour sur les JEC à Paris

L'événement JEC qui se tient chaque année à Paris donne aux professionnels l'opportunité de rencontrer l'industrie des composites. Que peut-on retenir de l'édition 2019 ?

Le salon JEC, spécialisé dans les matériaux composites, s'est tenu à Paris du 12 au 14 mars 2019. Il a réuni cette année 1300 exposants - dont Sirris -, venus de 115 pays. Que peut-on en retenir ?

Présence asiatique

Comme dans beaucoup de foires professionnelles maintenant, les Asiatiques étaient très présents, mais aux JEC, ils étaient disséminés dans tout le salon; il s'agissait surtout d'instituts, d'organismes de R&D et de petites entreprises. Leur présence n'était pas structurée en ‘village' comme c'était le cas pour la Belgique ou les Pays-Bas, ou par régions comme pour la France et l’Allemagne. Une telle organisation aboutit pourtant à un impact plus fort sur les visiteurs et une atmosphère plus conviviale.

Composites thermoplastiques

Les composites thermoplastiques et les hybrides continuent leur progression. La présence de ces matériaux, notamment au travers de démonstrateurs, est d'année en année plus importante, au détriment des thermodurcissables.

Le surmoulage et les multimatériaux restent des maîtres-mots, comme en témoignent les pièces exposées par Elringklinger (DE).

Robotique

Si l'Industrie 4.0 ne semble pas encore marquer fortement le salon, il n'en va pas de même avec la robotique dont l'intérêt est démontré à tous niveaux de la chaine de production : mise en place des renforts, découpe, détourage, positionnement de prépregs, contrôle non destructif… De nombreuses machines étaient en démonstration, d'autres apparaissaient dans des videos.

Airborne (NL), par exemple, présentait un système pick and place constitué d'une matrice de ventouses activables individuellement de manière à prélever des pièces de formes diverses découpées dans un matériau composite selon un patron et à les déposer à leur juste place dans la zone de mise en œuvre.

Impression 3D

L'impression 3D est peut-être moins présente que les années précédentes en ce qui concerne les petites machines low cost. Par contre, certains démonstrateurs pour la fabrication d'outillages étaient impressionnants en termes de dimensions et de qualité des pièces imprimées.

C'était le cas, par exemple, d'un moule pour pale d'hélicoptère fabriqué sur une machine SLAM de Thermwood qui combine fabrication additive et soustractive sur un même portique (voir Techniline 26.01.18 - Additive manufacturing : quelques nouvelles applications).

Ingersoll (US) présentait Masterprint, un système qui permet aussi l’échange automatique de l’extrudeuse avec un appareil de fraisage 5 axes pour les opérations de finition. La gamme WHAM (Wide and High Additive Manufacturing) offre un volume de construction de 7 x 3 x 14 mètres (voir Techniline 11.11.16 - Additive manufacturing: deux grandes machines polymères).

Réalité virtuelle/réalité augmentée

Alors que les techniques AR/VR diffusent progressivement dans tous les secteurs d'activité, l'industrie des composites semble ne pas encore vraiment s'y intéresser.

Une application intéressante de Von Roll Automotive (DE) était cependant en démo : une description des composants d'un véhicule s'affichait sur un écran au fur et à mesure de son déplacement devant une maquette de la voiture.

Matériaux

On a pu constater que les composites à fibres naturelles étaient moins présents que les années précédentes.

BComp (CH) présentait une technologie basée sur une grille de renfort en fibres naturelles qui donne de la rigidité au produit, avec un poids minimum. Inspirée par les feuilles d'arbre, l'entreprise crée une structure en nervures sur un côté d'un élément de coque à paroi mince, mais en plus elle parvient à surinjecter des détails sur la face structurée.

En ce qui concerne les matériaux recyclés, des applications diverses ont été imaginées : design, bijoux, boucles de ceinture, masques, …

Technologies

A + Glide Forming est une technologie continue et automatisée développée par Applus + (ES) pour la production de longerons à courbes complexes. On trouve de tels pièces de sections oméga ou T dans les fuselages ou les ailes d'avions (jusqu'à 40 mètres). La technologie consiste à presser le pré-imprégné ou la préforme sèche thermodurcissable sur le mandrin à l'aide d'une forme flexible sous pression - un ‘ballon’.

Cokoni (DE) présentait sa technologie d'outillages reconfigurables Dynapixel. Grâce à une discrétisation de la surface de l'outil à l'aide de broches et de vis, il est possible de créer rapidement des outils et pièces prototypes.

Conclusion

Les JEC 2019 n'ont pas dévoilé de nouveautés spectaculaires, mais des innovations intéressantes. Elles ont mis en évidence des tendances qui confortent les positions stratégiques prises par Sirris dans son nouveau Product Development Hub à Seraing et dans son Composites Application Lab à Heverlee.