Pourquoi il est préférable de ne pas courir après la perfection

Même si la recherche de la perfection semble louable, cet objectif peut également s’avérer un véritable piège. D’un point de vue économique, la perfection n’a rien d’un idéal.

« Il faut sans cesse viser la perfection ! » compte parmi les principes de management connus de tous. Les expressions très souvent utilisées comme « zéro défaut », « zéro inventaire » et « réussir du premier coup » illustrent bien cette ambition.

Le fait de parvenir à la perfection présente des avantages évidents, mais également des inconvénients, aussi étrange que cela puisse paraître. Voyons d’abord ce que la perfection nous apporte. Dans un monde parfait, les produits et les services ne comporteraient plus aucune défectuosité. Ainsi le client accepterait, du moins nous l’espérons, de les payer plus cher. En outre, nous assisterions à la baisse de certains coûts : à titre d’exemple, les coûts de « remaniements » disparaîtraient. La relation entre perfection et rendement économique est représentée par la ligne bleue sur le graphique ci-dessous. Ce rendement croît à mesure que la situation s’approche de la perfection. La courbe s’aplanit toutefois petit à petit, du fait que chaque amélioration supplémentaire dégage progressivement de moins en moins de bénéfice. L’évolution des appareils photo numériques met bien en lumière ce mécanisme. On notait auparavant une grande variation de qualité entre un appareil photo de 2 mégapixels et un autre de 4 mégapixels, ce qui pouvait justifier une différence de prix considérable. À l’heure actuelle, on ne distingue presque plus un modèle de 20 mégapixels d’un autre de 22 mégapixels. Les économistes qualifient ce phénomène de « loi de l’utilité marginale décroissante ».

Inconvénients de la perfection

À côté des avantages se trouvent aussi des inconvénients. Atteindre la perfection n’est en rien un objectif aisé. Au fur et à mesure que vous vous en approchez, il devient de plus en plus difficile de continuer à vous améliorer. Les fruits des branches les plus basses ont dès lors déjà été cueillis. La relation entre perfection et coûts économiques est représentée par la ligne rouge sur le graphique ci-dessus. Celle-ci montre une augmentation constante des coûts à mesure que vous vous approchez de la perfection : il faut en effet fournir encore plus d’efforts pour parvenir à s’améliorer davantage. Ce mécanisme correspond à la loi économique des rendements non proportionnels.

Le bénéfice final équivaut à la différence entre le rendement et les coûts. D’après le diagramme, il atteint sa valeur maximale à un moment où la situation n’est pas parfaite. Plus étonnant encore : la conjoncture « parfaite » vous ferait vraisemblablement subir des pertes, car le rendement ne serait alors pas en mesure d’absorber les coûts élevés. La perfection n’a donc rien d’idéal. On pourrait aussi dire « Fait vaut mieux que parfait ». C’est pourquoi l’entrée au Panthéon de l’économie ne passe pas par la quête de perfection, mais plutôt par une évaluation minutieuse des rendements marginaux et des coûts marginaux de toute action méliorative.

La simplicité, clé d’une rentabilité optimale

Le diagramme permet de parvenir à une seconde conclusion. Le rendement le plus élevé sur les investissements s’obtient grâce aux premières étapes franchies. Celles-ci sont en général peu complexes et peu coûteuses. La valeur ajoutée supplémentaire diminue progressivement au fur et à mesure que vous franchissez des étapes plus sophistiquées. Il est donc préférable de ne pas avoir recours à ces dernières pour tenter de s’améliorer tant que l’on peut encore effectuer des actions simples. Aussi il semble que la simplification de la production constitue très souvent un moyen puissant d’enregistrer des progrès. « La simplicité est la sophistication suprême », comme l’affirmait déjà Léonard de Vinci.

La simplification de la production apparaît comme moins évidente pour beaucoup de personnes au sein d’environnements fortement différenciés à faible volume. Il existe une méthode ingénieuse pour les gérer : le quick response manufacturing (QRM). Cette stratégie de production émergente vise à raccourcir les délais d’exécution en simplifiant la complexité des processus de l’entreprise.

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Si vous voulez en connaître davantage sur le Quick response manufacturing, les prochains modules de formation consacrés à cette méthode se dérouleront à partir du 6 novembre 2018 à Gand et à Louvain. Vous trouverez plus d’informations dans notre agenda.

(Source photo au dessus : https://www.dreamstime.com)

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