Utilisation efficace des matières premières pour l’éclairage (LED)

On peut faire appel à la technologie pour rendre l’éclairage plus économe en énergie et en allonger la durée de vie. Ces éléments importants peuvent réduire l’impact sur l’environnement. Mais les possibilités sont encore nettement plus étendues. L’éclairage peut aussi contribuer à préserver l’environnement, une approche stratégique intéressante pour les fabricants d’éclairage. Pour concrétiser la stratégie écologique, on peut aussi faire appel à l’éco-innovation avec les matériaux pour l’éclairage (LED).

Le côté écologique seul n’est pas vendeur. Un produit qui consomme moins et offre une durée de vie plus longue, ne se vendra pas non plus spécialement mieux. D’autres arguments sont nécessaires. Existent-ils des stratégies à même de concilier l’approche écologique et l’économie de marché ? Une stratégie possible consiste à adopter une autre approche en matière d’utilisation des matières premières pour l’éclairage (LED). 

Le succès arrive souvent en combinant des concepts parfois très simples. Ces produits peuvent être très basiques ou très évolués technologiquement et avoir néanmoins un impact écologique significatif. Nous avons réuni pour vous quelques exemples d’éclairage présentant l’impact écologique le plus faible possible grâce aux matériaux (ré)utilisés.  

Des bouteilles en plastique recyclées en luminaires 

Le recyclage de bouteilles en plastique en lampes constitue un exemple « low tech » ayant un grand impact social et réduisant l’empreinte écologique. Le projet « Liter of Light » vise à recycler des bouteilles PET mises au rebut pour en faire des luminaires durables bon marché éclairant les habitations dans les pays en voie de développement. Comme l’électricité n’y est pas toujours disponible et que les bougies sont dangereuses, la solution consiste à amener la lumière directe du soleil par un orifice dans le toit (constitué généralement de tôles ondulées). Ce trou est obturé par une bouteille PET collée, qui ressort partiellement. Les bouteilles sont remplies d’eau de Javel fortement diluée (pour prévenir la formation d’algues), ce qui brise les rayons du soleil et fournit une lumière constante dans l’espace de séjour. Cette source lumineuse est l’équivalent d’une lampe à incandescence de 55 W. Aussi longtemps que le soleil brille à l’extérieur. 

Il existe aussi une application industrielle de cette idée, par exemple pour les chambres froides et de congélation : « IceTube » est un concept développé par la société hollandaise Techcomlight B.V. en collaboration notamment avec la haute école d’Arnhem Nijmegen. L’IceTube a été spécialement mis au point pour les situations où il y a de grandes différences de température entre l’intérieur (-30°C) et l’extérieur (+30°C). Il est bien isolé et ne demande pas d’entretien. Ce système résout le problème de déperditions thermiques des coupoles lumineuses. L’utilisation de la lumière du jour permet de se passer de lumière artificielle pendant une grande partie de la journée. De quoi faire des économies d’énergie et d’éclairer toujours suffisamment les locaux intérieurs. 

Il existe aussi des solutions analogues combinées avec l’éclairage LED que l’on peut intégrer dans les habitations à basse énergie et passives.   

Lampes de bureau

D’autres exemples d’éclairage écologique utilisant une lampe LED, portent sur le choix des matériaux, du luminaire, de la LED et des circuits d’attaque. 

Davantage un gadget, mais dont on peut s’inspirer, la lampe de bureau « Bite me » à LED est constituée d’un luminaire en bioplastique comestible.

Comme exemple récent du projet cycLED (EU FP7), il y a une lampe qui peut servir de lampe de bureau ou d’applique murale. Le boîtier est constitué d’un profilé en aluminium extrudé (recyclé) et d’un diffuseur rPET (PET recyclé). Dans ce cas aussi, on a retenu une LED à faible consommation. On évalue ici les performances en fonction du poids du matériau. Le choix réfléchi des matériaux et la combinaison des matériaux ont permis de concevoir un luminaire utilisant efficacement les matériaux.

LED à partir de déchets alimentaires

Les travaux d’une équipe de chercheurs américains nous donnent un exemple « High tech » d’approche écologique. Ils ont en effet découvert une nouvelle possibilité de recyclage des déchets alimentaires. En utilisant la technologie des points quantiques, ils sont parvenus à fabriquer de nouvelles lampes LED économiques. Les déchets alimentaires et de boisson peuvent être transformés en nanoparticules fluorescentes, connues en tant que « points quantiques ». 

En plus de réduire la montagne de déchets (alimentaires), la technologie donne la possibilité de diminuer aussi les déchets nocifs des LED, généralement constituées d’éléments rares toxiques. Les points quantiques mis en œuvre sont constitués de carbone et présentent une faible toxicité par comparaison aux autres points quantiques, une meilleure biocompatibilité et ils sont meilleur marché. On peut ainsi les utiliser dans plus d’applications. Cela s’explique aussi notamment par le prix des déchets alimentaires. On étudie encore la stabilité et les performances à long terme des LED produites à base d’aliments et de boissons. L’objectif final est de les produire à grande échelle pour utiliser les LED dans des appareils courants. 

La fabrication de « points de carbone » à partir des déchets alimentaires est déjà une piste prometteuse. Elle permet notamment de valoriser les déchets et de fabriquer des matériaux haut de gamme pour l’éclairage LED. 

Le 2 décembre se tiendra la première édition du LED Event dans l’Elewijt Center (Elewijt - Zemst), au cours duquel Thomas Vandenhaute de Sirris donnera la présentation « Le rôle de la technologie dans la stratégie de développement durable du secteur de l’éclairage ». On y donnera d’autres exemples et un cadre d’approche.   

Vous souhaitez y assister ? Vous trouverez ici le programme et toutes les informations pratiques !