Scène des start-up en Belgique : qui tire les ficelles ?

Aux Etats-Unis, quelques ex-salariés de PayPal sont à l’origine d’un bon nombre d’entreprises technologiques. Et en Belgique : notre écosystème de start-up est-il fondé également sur un petit nombre de personnages-clé ? Sirris a effectué une recherche.

En 2007, le magazine américain Fortune a publié leur photo dans le style Avis de recherche : la galerie des ex-salariés de PayPal qui, après la vente de la désormais célèbre entreprise de logiciel de paiement, ont épaulé des entreprises comme YouTube, Yelp, LinkedIn, Yammer, SpaceX et Tesla Motors. Depuis lors, on parle à leur propos de la ‘mafia PayPal’.

Dans notre pays également on trouve une scène florissante de start-up et un paysage diversifié d’incubateurs et d’accélérateurs. Pour mettre en lumière cet écosystème, nous avons mis en graphe les liens entre les personnes (bleu), les instituts (vert), les fonds (rouge) et les entreprises (jaune). Le diamètre du cercle est proportionnel au nombre de liens entre la personne ou l’organisation dans le réseau. Le résultat est surprenant : en Belgique également, le réseau des start-up est concentré autour de quelques personnes-clé.

Un petit club très “sélect” 

Les personnes ayant le plus de liens avec l’écosystème des start-up :

  1. Michel Akkermans (société d’investissement Pamida, ex-dirigeant de Clear2Pay)
  2. Luc De Vos (Finactum, Oxynade, CarsOnTheWeb …)
  3. Jurgen Ingels (SmartFin Capital, The Glue, ex-Clear2Pay …)
  4. Jan Vorstermans (Qunova, ex-COO de Telenet)
  5. Bart Becks (Angel.me)

Dans l’immense majorité des cas, le type de lien est un siège au conseil d’administration, suivi par le montant des investissements. Le côté ‘offre’ – en termes d’expérience, de savoir et de capital – se traduit par un club très sélect : un nombre très limité d’entreprises technologiques. Ce qui renforce d’autant leurs chances de succès. On retrouve d’ailleurs souvent le nom de ces cinq personnes dans le conseil de direction des instituts de recherche, par exemple, iMinds.

A noter : également le nouveau-venu Marc Coucke n’a pas tardé à se nicher d’emblée au centre du réseau. 

Ecosystèmes à part

L’institut ayant le plus de liens dans le réseau est le centre de recherche iMinds. Après Volta Ventures, le fonds d’investissement Hummingbird Ventures est celui qui dispose du plus grand nombre de connexions, il faut néanmoins souligner la progression spectaculaire du fonds Duval au cours de ces deux dernières années.

A noter également : le nombre très faible d’interconnexions entre les réseaux imec et iMinds, alors qu’il s’agit des deux institutions belges de recherche technologique par excellence. Imec détient un solide atout : avec Michel Akkermans, le centre de recherche de Louvain peut compter sur la présence dans son conseil d’administration de la personne ayant le plus grand nombre de liens dans l’ensemble de l’écosystème. 

Les pépinières

Les entreprises de télécom, par exemple, Telenet et l’ex-Skynet constituent de toute évidence un excellent terreau pour les candidats fondateurs d’une entreprise de technologie. Toutefois, le principal incubateur pour les entrepreneurs de talent sont Netlog, ex-entreprise de réseau social, et l’expert en informatique Porthus.

Les start-up Sparkcentral et Scanadu ont réussi à mobiliser des capitaux belges en direction de la Silicon Valley – et cela grâce à un réseau présentant de nombreux recoupements, un détail qui n’est vraiment pas un hasard. 

Démarcation Flandre –Wallonie

L’écosystème dans la région Bruxelles-Capitale et l’écosystème dans la région flamande sont interconnectés principalement via les entrepreneurs en série Jean et José Zurstrassen. Même si les deux frères ont également des liens avec la scène des start-up wallonnes, notamment via l’incubateur liégeois LeanSquare, on dénombre moins de liens entre les deux écosystèmes Flandre/Wallonie, en comparaison avec les Belges actifs dans la Silicon Valley. 

Conclusion ?

Même si l’écosystème des start-up belges représente peu de choses (à l’heure actuelle), en comparaison avec l’écosystème américain, les similitudes sont évidentes. Le phénomène typique de la Silicon Valley (à savoir les liens entre les entrepreneurs, investisseurs et chercheurs) se retrouve également chez nous. Le centre névralgique se limite à quelques figures-clé. Au niveau mondial : tous les écosystèmes de start-up s’appuient-ils de manière systématique sur un réseau forcément très interconnecté, autrement dit : s’agit-il d’une constante dans tous les pays du monde ? Food for thought … et matière pour la réalisation d’études complémentaires !