Production de bioplastique à partir des eaux usées

Aux Pays-Bas, des chercheurs ont présenté le premier kilogramme de PHA, fabriqué à l’aide de bactéries à partir des eaux usées. Ce plastique entièrement biodégradable est le résultat d’un projet pilote, offrant de nombreuses possibilités pour l’industrie et l’environnement. Un projet similaire est actuellement en cours à Bruxelles.

Brabant-du-Nord

L’installation de traitement des eaux usées Bath dans la localité hollandaise de Rilland a réalisé un essai dans le cadre du projet Phario. Il démontre qu’il est possible d’utiliser les eaux usées comme matières premières durables. Les boues, produit résiduel de l’épuration des eaux usées, peuvent ainsi être transformées en un produit durable : les acides gras extraits par filtration des boues sont mélangés à des bactéries qui les transforment en biopolymères, à la base du bioplastique. Il s’agissait d’un essai à petite échelle, la première application de la technique au niveau mondial.

L’organisme hollandais chargé de la surveillance des eaux de surface d’une région et leurs partenaires ont démontré tout le potentiel d’une production (à grande échelle) et de la commercialisation du PHA. En outre, cet essai leur a permis d’accumuler des connaissances techniques et de l’expérience dans le domaine des bioplastiques. Actuellement, ils étudient quelle pourrait être la demande et ce que les clients sont prêts à payer en plus pour des produits en bioplastique par rapport aux produits en plastique conventionnel, dérivé du pétrole. La première production permettra déjà de démontrer le niveau de qualité qui peut être atteint.

Actuellement, la production hebdomadaire est de quelques kilos, mais elle peut aisément être portée à une production de 2.000 tonnes par an.

Bruxelles

Depuis 2010, une installation pilote de la station d’épuration bruxelloise Aquiris convertit avec succès  les eaux usées en bioplastique. L’installation d’épuration des eaux usées utilisent aussi les bactéries pour la production de polymères. Selon la station d’épuration bruxelloise, les eaux usées de Bruxelles dont la population atteint 1,1 million d’habitants, offrent un potentiel de production de quelque 20.000 tonnes de bioplastique par an. Après le projet pilote, Aquiris veut collaborer avec des investisseurs pour lancer un projet à plus grande échelle.

Le potentiel du PHA

Le PHA (polyhydroxyalkanoate) est un plastique écologique qui se dégrade en un an dans des conditions naturelles (alors que le plastique dérivé du pétrole a besoin de plusieurs décennies). La production du matériau est relativement coûteuse, mais sa production à partir d’eaux usées à l’aide de bactéries, permettrait de réduire le coût de production.

Le marché du PHA connaît une croissance constante. Actuellement, on utilise le PHA notamment pour le fil de suture lors des interventions chirurgicales, mais aussi pour les emballages des produits de consommation et le plastique agricole. On s’attend à une augmentation de la demande de PHA au niveau mondial. À terme, le PHA pourrait même apporter une réponse à la « soupe de plastique » qui pollue les mers du globe.

Un avantage supplémentaire du bioplastique produit à l’aide de bactéries à partir des eaux usées est qu’il ne fait pas concurrence à la chaîne alimentaire, contrairement au bioplastique PHA actuel dérivé de produits agricoles.

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