Les perspectives de l’AM pour le monde de la maintenance

La fabrication additive (AM) fait peu à peu son nid dans un nombre croissant de secteurs. Cette technique possède tout le potentiel requis pour générer de la valeur ajoutée également dans le monde de la maintenance. Rien n’arrête la technologie dans sa marche en avant et de nouvelles possibilités naissent chaque jour.

La grande différence entre les techniques de mise en forme classiques et l’AM réside dans le fait que, comme son nom l’indique, la fabrication additive recourt à l’ajout – et non pas au retrait – de matériaux. Cette caractéristique permet l’épanouissement d’une liberté formelle jusqu’ici inconnue : presque toutes les restrictions qui pesaient sur la conception sont levées. En principe, il est possible d’obtenir les formes les plus complexes sans qu’il soit question de montage ou d’assemblage. Il est évident que l’AM offre un potentiel gigantesque pour de très nombreux secteurs, et la maintenance ne fait pas exception.

Pouvons-nous envisager pour autant un dépôt virtuel, qui stockerait les plans numériques de toutes les pièces, lesquelles seraient imprimées en fonction des besoins ? Probablement pas, parce que la production des pièces standard restera sans doute moins chère. Les appareils qui servent à la fabrication additive continueront de peser dans les budgets. La question de savoir si l’on optera pour cette technique dépendra donc du prix, de la complexité et de la disponibilité globale de la pièce.

En fait, l’idée du dépôt virtuel est surtout avantageuse dans le cas des pièces spéciales, dont on a peu besoin et/ou dont les délais de fabrication sont longs. Et le recours à l’AM pour ces pièces-là permettrait de réaliser des économies considérables sur les coûts des pièces détachées dans tous les dépôts. Non seulement parce qu’il faudrait moins de capital « dormant », mais aussi en raison du gain de place. Car le stockage de quelques tonnes de poudre exige beaucoup moins d’espace que celui de centaines de pièces.

Une technologie en mouvement

Le dépôt (partiellement) virtuel n’est pas encore d’actualité pour le moment, notamment à cause du niveau élevé de son prix de revient et de la longueur des temps d’impression des appareils AM. Mais la situation à ce niveau pourrait bientôt changer du tout au tout. L’amélioration de la vitesse de fonctionnement des appareils, par exemple, fait l’objet d’efforts redoublés. HP et Carbon viennent de commercialiser des imprimantes 3D capables de fabriquer une pièce en à peine six minutes, là où d’autres appareils ont besoin de quatre à six heures en moyenne. S’il s’avère que ces solutions ne comportent aucun autre inconvénient, nous aurons franchi un nouveau pas important en direction d’une percée à grande échelle de la fabrication additive.

Une telle évolution produirait d’ailleurs un impact positif sur le prix de revient de l’appareil. Par ailleurs, les matières premières sont un autre domaine en pleine évolution. Actuellement, les poudres commercialisées n’existent qu’en nombre limité alors qu’il en faudrait bien davantage pour pouvoir réaliser au moyen de l’AM tous les produits fabriqués traditionnellement. On s’attend dans les prochaines années à une progression considérable, tant en ce qui concerne les alliages métalliques que les matières synthétiques (notamment les filaments). Enfin, l’automatisation des processus fait encore l’objet de certains efforts de recherche & développement. Il faut dire que, pour l’heure, l’AM nécessite encore beaucoup d’interventions manuelles. Une fois qu’il existera des possibilités d’intégrer la technique dans les chaînes de production, il y aura là aussi des répercussions positives à attendre sur le prix de revient et la vitesse de réalisation.

L’investissement dans l’AM, ça paie

Avec les solutions offertes actuellement par l’AM et les matières premières, il est parfaitement possible de fabriquer soi-même des pièces, avant tout pour réaliser des prototypes. Mais rien n’empêche des services de maintenance d’appliquer ces techniques à l’optimisation de certaines pièces. D’ailleurs, n’est-il pas monnaie courante que des travailleurs de la maintenance, de par leur expérience, trouvent des idées pour améliorer une pièce que le fournisseur de la machine est bien incapable de leur vendre ?

Investir dans l’AM semble donc intéressant pour toute entreprise dont l’appareil de production est complexe. Car dès que vous possédez un tel appareil, vous pouvez vous lancer dans l’expérimentation de la fabrication de pièces. Et vous faites ainsi d’une pierre deux coups : vous recherchez des solutions créatives pour optimiser des machines au moyen de pièces adaptées, d’une part, et vous franchissez un premier pas en direction d’un dépôt virtuel de pièces détachées, de l’autre...

Vous souhaiteriez imprimer des pièces complexes ou optimiser des composantes vous-même, pour améliorer la performance de vos machines ? Le 20 avril, Sirris, en collaboration avec les organisateurs du salon Maintenance, organise une masterclass sur l’impression 3D. Cette formation sera dispensée à l’occasion du salon. Vous pourrez ainsi vous informer, entre autres choses, sur les avantages de cette technologie concernant la gestion de votre approvisionnement en pièces détachées, ce qu’il en est précisément de la propriété intellectuelle de la conception et la rentabilité économiques des différentes applications. Vous trouverez plus d’infos sur cette masterclass dans notre agenda!

(Source photo : Flam3D)