Comment l’impression 4D va-t-elle bouleverser l’industrie manufacturière

Des objets que vous programmez pour qu’ils s’assemblent d’eux-mêmes ? Des produits qui adaptent automatiquement leur forme si les circonstances le requièrent ? Si cela ne dépendait que de Skylar Tibbits, ceci serait prochainement monnaie courante. Dans son Self-Assembly Lab au Massachusetts Institute of Technology (MIT), il œuvre ardemment à la percée des technologies de production intelligentes à grande échelle. Le 21 mai, Tibbits dévoilera sa vision lors de la MIT Europe Conference à Bruxelles. Un événement à ne pas manquer !  

Le compteur du TED-talk de Skylar Tibbits sur ‘The emergence of 4D printing’ affiche déjà plus de 1.600.000 consultations, à quoi il faut encore ajouter les 400.000 sur YouTube. En huit bonnes minutes, l’architecte, designer, scientifique informatique et artiste explique de façon passionnante à quoi va ressembler l’avenir de l’industrie manufacturière. Et cet avenir sera celui de la 4D.

Glissement vers une production plus intelligente 

Bientôt, les techniques de montage actuelles, souvent intensives en main-d’œuvre et inefficaces, seront de plus en plus remplacées par des technologies de production permettant aux entreprises d’imprimer des objets ‘intelligents’ : des objets pouvant se transformer ou se développer seuls. Comme exemple, il cite une conduite d’eau imprimée ‘adaptative’ qui peut sentir elle-même si elle doit s’élargir ou se rétrécir pour laisser passer plus ou moins d’eau. Ces conduites pourront même adopter une forme ondulante de sorte à susciter un courant.

Auto-assemblage par impression 4D

En collaboration avec d’autres scientifiques, concepteurs et ingénieurs, Tibbits étudie au Self-Assembly Lab du  MIT à Cambridge-Boston comment programmer des matériaux de sorte qu’ils puissent se construire et s’adapter eux-mêmes. Grâce à la technologie 4D, les chercheurs laissent des parties indépendantes s’assembler par interaction pour former une structure bien agencée. Pour cela, il suffit d’ajouter de l’énergie passive (chaleur, vibrations, gravité ou magnétisme) pour que des formes d’échelle plus grande se transforment en d’autres. 

Réel potentiel 

À court terme, Tibbits entrevoit un énorme potentiel pour les objets s’assemblant d’eux-mêmes dans la production à l’échelle macro, avec des applications intelligentes concrètes dans la science des matériaux, les logiciels, la robotique, l’industrie manufacturière, le secteur du transport, l’infrastructure, la construction, la biologie et l’art, et même l’aérospatialeDans son TED-talk, Skylar Tibbits invite l’industrie à le suivre : “I want to remind you today of the harsh realities of assembly in our world. These are complex things built with complex parts that come together in complex ways. So I would like to invite you, whatever industry you're from, to join us in reinventing and reimagining the world. Let’s rethink how things come together from the nanoscale to the human scale.” 

Pour entendre parler le scientifique des produits et systèmes qui s’assemblent et se reconfigurent automatiquement, vous ne devez pas vous rendre à Boston. Les 21 et 22 mai, Skylar Tibbits ainsi qu’autres éminents scientifiques de la prestigieuse université américaine MIT seront en effet à Bruxelles à l’occasion de la MIT Europe Conference. Cette année, cette conférence sera inscrite totalement sous le signe de l’ ‘Advanced Manufacturing & New Urbanism’. 

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Le parcours de Tibbits en un clin d’œil
Skylar Tibbits est architecte de formation. Il a obtenu un master en Experimental Computation, Science in Design & Computation ainsi qu’un master en sciences informatiques. Il a travaillé pour des bureaux de design renommés. Il s’agit d’une personne extrêmement active, c’est le moins que l’on puisse dire à son sujet. Il a conçu et construit des installations à New York, Paris, Berlin, Francfort, Édimbourg et Cambridge. Ses concepts ont déjà été exposés au Guggenheim Museum à New-York et à la Biennale de Pékin. Les publications en ligne de Tibbits ont déjà trouvé écho dans le New York Times et Nature Magazine. Pour le moment, il donne cours au Department of Architecture du MIT et il est co-lecteur du séminaire ‘How to make (almost) anything’ au MIT Media Lab.